Archive for the ‘Linguistique’ Category

Linguistique textuelle

2006 mai 20, samedi
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Yves REUTER – L'analyse du récit
Geoges KLEIBER – Anaphores et pronoms



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Proposition : Indicatif = cinq temps

2006 mai 19, vendredi

Et si les Passé composé, Plus-que-parfait, Passé antérieur et Futur antérieur relevaient, non pas de la morphologie verbale (comme forme de verbe ou tiroir temporel), mais plutôt de la syntaxe. Et uniquement de la syntaxe… Et si ?

Le pluriel de mort n'est-il pas mortS et non *mort-ent ? Il existe bien d'une part la morphologie verbale et d'autre part la morphologie nominale — adjectif compris. Depuis la grammaire antique, est distinguée la substance des prédicats. Pour nous, les substantifs des verbes ; auxquels il est possible d'adjoindre respectivement des adjectifs et des ad-verbes. Où situer le Participe ?

Depuis 1929 (Frei 1929 : 182-183), nous informe Marc WILMET, l'accord du Participe passé d'un verbe conjugué avec l'auxiliaire avoir est abandonné.

C'est qu'avant 1929, autant dire avant-hier, un accord était requis. Lequel ?
Celui qui unissait le Participe passé avec le Complément d'objet.

Bien, mais alors quoi ?

Et bien, cela ne va pas mieux.

Et si les auxiliaires n'existaient pas ?
Si les participes n'étaient plus des formes verbales ?
Si l'accord qui unit le "Participe d'un verbe conjugué avec l'auxiliaire avoir" n'était en réalité q'un adjectif accordé avec l'objet du verbe, autrement dit, un attribut du COD ?

Soit l'énoncé :

  • M'amour vous ay donnee.

(Clément MAROT, cité par Marc WILMET p.17)

[Je] : sujet – pronom sujet de la P1
ai : verbe avoir au présent
[ma] amour : objet – substantif féminin + expansion pronominale possessive
donnée : attribut de l'objet – adjectif au "passé" et au féminin singulier

Pourquoi dire adjectif pour donnée ? Pourquoi dire participe ?

Prenons mourir qui est un bon exemple car il connait en français moderne une certaine vitalité de ses deux "participes".

Soient :

  1. Le président est mort.
  2. Le président est mourant. (attribut du sujet)

Et en regard :

  1. Le président a une nièce morte.
  2. Le président a une nièce mourante. (attribut de l'objet)

Le comportement que l'on connait de l'adjectif et que l'on reconnait bien ici, est-il bien différent du comportement que l'on donne à un participe ? Pas vraiment, voire non.

Soient :

  1. J'ai volé deux montres.
  2. J'ai deux montres volées.

Quelle est la différence ? La seule différence est l'implication et la mise en commun du sujet dans le premier énoncé. Le second énoncé véhicule l'idée que les montres sont des montres volées, des montres qui ont été volé, mais l'on ignore si Je est le voleur… Rien n'empêche de l'inférer. Mais la syntaxe ne le code pas explicitement. Il faut faire jouer des indices pragmalinguistiques pour pouvoir l'affirmer ; en termes plus simples, il faut se référer au contexte de la conversation.

Ma proposition est donc la suivante : il n'existe que cinq temps à l'indicatif, à savoir

  1. présent
  2. imparfait
  3. passé (je lui préfère le nom latin de parfait)
  4. futur
  5. & prospectif (ailleurs, forme en -rai ou éventuel)

Pas un de plus.
Finalement, il y a-t-il réellement une différence "temporelle" entre le Présent simple et le "Passé composé" ?

Prenons :

  1. Je vole la montre.
  2. J'ai volé la montre.

La différence est-elle "temporelle" ? Rappelons-nous que le second énoncé peut être construit autrement, avec pour seule différence la non-identité (Je =/= voleur), à savoir J'ai la montre volée. L'erreur est donc de lier volé à ai.

Comparons :

  • [(j')(ai volé (la montre))] (a)
  • [(j')(ai (volé la montre))] (b)
  • [(j')(ai (la montre volée))] (c)

Les cas (a) et (c) ne choqueront personne. Pourtant, la structure (a) est issue, dérivée de la structure (b). Et même, pour aller jusqu'au bout de notre raisonnement, la (a) est erronée puisqu'elle éloigne l'attribut de l'objet pour le rapprocher du sujet. Effectivement, en français moderne, disons que volé en (a) occupe un rôle de "ministre" auprès du sujet et de l'objet. En d'autres termes, il qualifie les deux. Mais ce rôle est purement sémantique.

Quelle est donc la nature de cette différence ? Elle est d'ordre aspectuel. Nous en retiendrons seulement deux pour le moment, qui sont :

  1. l'Action
  2. l'État

Ainsi glosées :

  1. Au moment où je parle, je réalise le vole d'une montre.
  2. Au moment où je parle, je suis en possession d'une montre qui est le fruit d'un vole et il se trouve que je suis l'auteur du larcin.

Il faut se souvenir que le verbe avoir n'est pas un verbe d'action, mais bien un verbe d'état. Aussi, être ceci ou avoir cela sont tous les deux des états, et non des actions.

Mais d'où vient cette intuition de passé, de chose accomplie que l'on ressent lorsque la structure (avoir+adjectif) est utilisée ? Puisqu'elle ne provient pas du verbe avoir, serait-ce possible qu'elle soit véhiculée par l'adjectif ? Et pourquoi pas ?

Soient :
Ferme < FIRMUS, ferme, solide
Fermé < FIRMATUS < FIRMO, fortifier, solidifier ; garantir ; fermer
Fermant < FIRMANS < FIRMO, &c.

Que sont Firmus, Firmatus et Firmans ?
Firm-us est un adjectif.
Firm-atus est un participe parfait passif (PPP).
Firm-ans est un participe présent actif (PPA).

De là, qu'est-ce qui différencie un adjectif d'un participe ? C'est ce qui suit : les mots parfait/présent d'une part et passif/actif d'autre part. Il faut donc prendre l'adjectif comme un participe auquel l'on retranche les indices d'aspect (parfait/présent) et de voix (passif/actif). Les participes sont donc des formes "marqués" d'adjectifs (masculin, féminin & neutre) :

  1. -US, -A, -UM : adjectif non-marqué
  2. -ATUS, -ATA, -ATUM : adjectif marqué par la voie passive & l'aspect passé
  3. -ANS, -ANS, -ANTIS : adjectif marqué par la voie active & l'aspect présent

L'on peut même exhumer une quatrième forme et une cinquième forme :

  • -ATURUS, -ATURA, -ATURUM : adjectif marqué par la voie active & l'aspect futur
  • -ANDUS, -ANDA, -ANDUM : adjectif marqué par la voie passive & l'aspect futur

Cette exhumation, pour montrer à quel point le latin était une langue cohérente.
Dés lors, peut-on se dire que la langue française est également une langue cohérente ? Très certainement. À condition d'avoir les bons outils pour l'appréhender

Trois projecteurs – Neuf cases – Dix temps

2006 mai 19, vendredi

Marcel LACARRA – Les temps des verbes

Un modèle à six cases :

Projecteur "couleur de présent"

  1. en arrière du projecteur
  2. sous le projecteur
  3. en avant du projecteur

Projecteur "couleur de passé" (1 & 2)

  1. en arrière du projecteur
  2. sous le projecteur
  3. en avant du projecteur

Paradigme :

  • Présent & Présent composé
  • Imparfait & Imparfait composé
  • Passé & Passé compose
  • Futur & Futur composé
  • Éventuel & Éventuel composé