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Yves REUTER – L'analyse du récit
Geoges KLEIBER – Anaphores et pronoms
Yves REUTER – L'analyse du récit
Geoges KLEIBER – Anaphores et pronoms
Et si les Passé composé, Plus-que-parfait, Passé antérieur et Futur antérieur relevaient, non pas de la morphologie verbale (comme forme de verbe ou tiroir temporel), mais plutôt de la syntaxe. Et uniquement de la syntaxe… Et si ?
Le pluriel de mort n'est-il pas mortS et non *mort-ent ? Il existe bien d'une part la morphologie verbale et d'autre part la morphologie nominale — adjectif compris. Depuis la grammaire antique, est distinguée la substance des prédicats. Pour nous, les substantifs des verbes ; auxquels il est possible d'adjoindre respectivement des adjectifs et des ad-verbes. Où situer le Participe ?
Depuis 1929 (Frei 1929 : 182-183), nous informe Marc WILMET, l'accord du Participe passé d'un verbe conjugué avec l'auxiliaire avoir est abandonné.
C'est qu'avant 1929, autant dire avant-hier, un accord était requis. Lequel ?
Celui qui unissait le Participe passé avec le Complément d'objet.
Bien, mais alors quoi ?
Et bien, cela ne va pas mieux.
Et si les auxiliaires n'existaient pas ?
Si les participes n'étaient plus des formes verbales ?
Si l'accord qui unit le "Participe d'un verbe conjugué avec l'auxiliaire avoir" n'était en réalité q'un adjectif accordé avec l'objet du verbe, autrement dit, un attribut du COD ?
Soit l'énoncé :
(Clément MAROT, cité par Marc WILMET p.17)
[Je] : sujet – pronom sujet de la P1
ai : verbe avoir au présent
[ma] amour : objet – substantif féminin + expansion pronominale possessive
donnée : attribut de l'objet – adjectif au "passé" et au féminin singulier
Pourquoi dire adjectif pour donnée ? Pourquoi dire participe ?
Prenons mourir qui est un bon exemple car il connait en français moderne une certaine vitalité de ses deux "participes".
Soient :
Et en regard :
Le comportement que l'on connait de l'adjectif et que l'on reconnait bien ici, est-il bien différent du comportement que l'on donne à un participe ? Pas vraiment, voire non.
Soient :
Quelle est la différence ? La seule différence est l'implication et la mise en commun du sujet dans le premier énoncé. Le second énoncé véhicule l'idée que les montres sont des montres volées, des montres qui ont été volé, mais l'on ignore si Je est le voleur… Rien n'empêche de l'inférer. Mais la syntaxe ne le code pas explicitement. Il faut faire jouer des indices pragmalinguistiques pour pouvoir l'affirmer ; en termes plus simples, il faut se référer au contexte de la conversation.
Ma proposition est donc la suivante : il n'existe que cinq temps à l'indicatif, à savoir
Pas un de plus.
Finalement, il y a-t-il réellement une différence "temporelle" entre le Présent simple et le "Passé composé" ?
Prenons :
La différence est-elle "temporelle" ? Rappelons-nous que le second énoncé peut être construit autrement, avec pour seule différence la non-identité (Je =/= voleur), à savoir J'ai la montre volée. L'erreur est donc de lier volé à ai.
Comparons :
Les cas (a) et (c) ne choqueront personne. Pourtant, la structure (a) est issue, dérivée de la structure (b). Et même, pour aller jusqu'au bout de notre raisonnement, la (a) est erronée puisqu'elle éloigne l'attribut de l'objet pour le rapprocher du sujet. Effectivement, en français moderne, disons que volé en (a) occupe un rôle de "ministre" auprès du sujet et de l'objet. En d'autres termes, il qualifie les deux. Mais ce rôle est purement sémantique.
Quelle est donc la nature de cette différence ? Elle est d'ordre aspectuel. Nous en retiendrons seulement deux pour le moment, qui sont :
Ainsi glosées :
Il faut se souvenir que le verbe avoir n'est pas un verbe d'action, mais bien un verbe d'état. Aussi, être ceci ou avoir cela sont tous les deux des états, et non des actions.
Mais d'où vient cette intuition de passé, de chose accomplie que l'on ressent lorsque la structure (avoir+adjectif) est utilisée ? Puisqu'elle ne provient pas du verbe avoir, serait-ce possible qu'elle soit véhiculée par l'adjectif ? Et pourquoi pas ?
Soient :
Ferme < FIRMUS, ferme, solide
Fermé < FIRMATUS < FIRMO, fortifier, solidifier ; garantir ; fermer
Fermant < FIRMANS < FIRMO, &c.
Que sont Firmus, Firmatus et Firmans ?
Firm-us est un adjectif.
Firm-atus est un participe parfait passif (PPP).
Firm-ans est un participe présent actif (PPA).
De là, qu'est-ce qui différencie un adjectif d'un participe ? C'est ce qui suit : les mots parfait/présent d'une part et passif/actif d'autre part. Il faut donc prendre l'adjectif comme un participe auquel l'on retranche les indices d'aspect (parfait/présent) et de voix (passif/actif). Les participes sont donc des formes "marqués" d'adjectifs (masculin, féminin & neutre) :
L'on peut même exhumer une quatrième forme et une cinquième forme :
Cette exhumation, pour montrer à quel point le latin était une langue cohérente.
Dés lors, peut-on se dire que la langue française est également une langue cohérente ? Très certainement. À condition d'avoir les bons outils pour l'appréhender 
Marcel LACARRA – Les temps des verbes
Un modèle à six cases :
Projecteur "couleur de présent"
Projecteur "couleur de passé" (1 & 2)
Paradigme :